La sonde Parker Solar Probe est partie frôler le Soleil

Parker Solar Probe © NASA

Après un premier tir repoussé samedi en raison d’une anomalie constatée lors du compte à rebours final, la NASA a finalement pu envoyer dans l’espace sa sonde Parker Solar Probe ce dimanche. Son objectif ? Aller au plus prêt du Soleil.  

Depuis la base spatiale de Cap Canaveral en Floride, Eugene Parker observe avec attention la fusée Delta IV s’arracher du pas de tir. Le physicien qui a donné son nom à la sonde solaire est comme le reste de l’équipe technique : impatient et tendu. Il faut dire que la mission a toute de même coûté plus d’1.5 milliards de dollars. Donc pas de place à l’erreur.

« Le lancement d’aujourd’hui est le fruit de soixante ans d’études scientifiques et des millions d’heures d’effort » raconte Andy Driesman, chef de projet au Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory de Laurel aux Etats-Unis. Présenter Parker Solar Probe comme une mission ambitieuse serait un euphémisme. De toute l’histoire de l’exploration spatiale, jamais un engin ne s’est approché aussi prêt du Soleil.

Lors de son voyage, la sonde effectuera un « ravitaillement » sur Vénus pour profiter de son attraction gravitationnelle avant de fondre sur le Soleil. En tournant 7 fois autour de notre planète voisine, la sonde Parker va en effet engranger de la vitesse qui lui permettra d’atteindre le Soleil.

Protéger les appareils du chaud… et du froid

Le défi numéro un de cette mission a évidemment été de concevoir un équipement capable de résister à la chaleur extrême de cette zone. A environ 6 millions de km du centre de notre étoile, il fait tout de même 1400°C.

Les scientifiques ont donc mis au point un bouclier thermique ultra résistant pour protéger la sonde. Mais l’équipement va aussi devoir s’armer contre le froid. Car dans l’espace, la température varie considérablement selon si vous vous trouvez exposé au Soleil ou non. Pendant la phase de voyage et à l’ombre du bouclier, la température va ainsi chuter jusqu’à -150°C !

Lancement de Parker Solar Probe Parker Solar Probe à Cap Canaveral © NASA

Lancement de Parker Solar Probe Parker Solar Probe à Cap Canaveral © NASA

Comprendre le fonctionnement du Soleil

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, les scientifiques ne connaissent pas si bien que cela le fonctionnement de l’étoile la plus proche de nous. De nombreuses études existent évidemment mais peu de sondes sont parties sur place pour l’observer de prêt.

Les vents solaires vont être l’un de ses principaux sujets d’étude pour Parker Solar Probe. On en distingue deux types : les rapides (s’accélèrent jusqu’à 700km/s) et les lents (350km/s).  Nous savons aujourd’hui que les plus rapides sont créés à partir de trous coronaux, ces zones d’ombre à la surface du Soleil dans lesquelles le champ magnétique est tourné vers le coeur de l’étoile. Mais l’origine des vents solaires plus lents est encore totalement inconnue. Les vents solaires sont des grosses boules de gaz et de chaleur qui ont un impact direct sur notre vie sur Terre.

Pour comprendre le fonctionnement de notre étoile, Parker Solar Probe va aussi tenter de percer les mystères de la couronne solaire (sa couche extérieure) où un phénomène très étrange s’y produit. La température de cette couronne solaire est des centaines de fois plus chaude que la surface du Soleil qui avoisine pourtant les 6000 degrés !

Trou coronal sur le Soleil © NASA

Trou coronal sur le Soleil © NASA

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