Les agences spatiales en première ligne dans la lutte contre le réchauffement climatique

Satellite OCO-2 de la NASA © NASA

La NASA et l’ESA multiplient les missions pour analyser et décrypter l’impact de l’activité humaine sur notre planète. Les deux agences spatiales ont déployé des satellites d’observation de la Terre capables de sonder l’atmosphère et décrypter les changements climatiques.

L’agence spatiale américaine a présenté cette semaine les premiers résultats de son satellite OCO-2 (Orbiting Carbon Observatory). Le but de ce programme lancé en 2014 est d’examiner la circulation et l’évolution dans l’atmosphère du CO2 émis par la combustion d’énergies fossiles, autrement dit, produites par l’Homme.

Le satellite a notamment analysé les taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère dans trois zones tropicales en Amérique du Sud, en Afrique et en Indonésie. Et les données collectées montrent des pics saisonniers d’émissions de CO2 dans certaines zones du globe ainsi qu’un changement surprenant du cycle du carbone.

« Comprendre comment le cycle du carbone de ces régions s’est comporté avec El Nino va permettre aux scientifiques d’améliorer leurs modèles de cycle du carbone, ce qui améliorera la qualité des prédictions sur la manière dont notre planète peut se comporter dans des conditions similaires à l’avenir. » déclare Annmarie Eldering, scientifique du JPL (Jet Propulsion Laboratory).

Selon les chiffres apportés par la NASA, El Nino aurait en 2015 provoqué l’émission de 2,5 milliards de tonnes de carbone de plus dans l’atmosphère qu’en 2011. Une tendance qui devrait continuer à s’accentuer dans les années à venir à cause du réchauffement climatique.

Les effets d'El Ninon sont différents en fonction des régions du globe © NASA

Les effets d’El Ninon sont différents en fonction des régions du globe © NASA

Avec Sentinel 5P, l’ESA étudie l’atmosphère terrestre

De son côté, l’ESA (agence spatiale européenne) vient de lancer depuis le cosmodrome de Plesetsk en Russie avec une fusée Rockot, le satellite Sentinel 5P. Celui-ci se spécialise dans l’étude de la chimie de l’atmosphère depuis l’orbite basse.

Sentinel 5P est l’avant-dernier satellite du groupe Copernicus, un programme européen de surveillance de la Terre qui offre un système unifié capable de collecter une grande quantité de données environnementales. Copernicus compte à ce jour 6 familles de satellites :

  • Sentinel 1 (lancement en 2014) : observations radar de jour et de nuit des terres émergées et des océans
  • Sentinel 2 (lancement en 2015) : observation optique de moyenne résolution des terres émergées
  • Sentinel 3 (lancement en 2016) : observation infrarouge et altimétrique des océans et des terres
  • Sentinel 4 : étude de la pollution atmosphérique depuis l’orbite géostationnaire
  • Sentinel 5 : étude de la chimie de l’atmosphère depuis l’orbite basse
  • Sentinel 6 (lancement prévu en 2020) : mesure du niveau des océans et des mers
Satellite Sentinel 5P de l'ESA © ESA

Satellite Sentinel 5P de l’ESA © ESA

« Avec la mise en service de Sentinel-5P, nous allons pouvoir bénéficier d’une visibilité sur notre atmosphère de manière quotidienne et mondiale, avec une précision encore jamais obtenue » estime Josef Aschbacher, Directeur des programmes d’observation de la Terre à l’ESA. « La quantité des données collectées dans le passé, associée à la perspective à long terme offerte par le programme de satellites de Copernicus, ouvre une nouvelle voie à la génération d’ensembles de données pour des décennies, condition préalable à la compréhension de notre Terre en perpétuelle transformation ».

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