Un ver revient de l’espace avec deux têtes

Planaire à deux têtes © Junji Morokuma

Les planaires, ce sont ces étranges petits vers aquatiques réputés pour leur capacité à se régénérer rapidement et très efficacement. Une équipe de scientifique a décidé d’envoyer ces mini-vers pour un séjour de 29 jours dans l’espace dans le but d’étudier leur comportement. A leur retour sur Terre, l’un de ces planaires a développé une seconde tête.

Parmi les 15 spécimens embarqués sur la station spatiale, certains d’entre eux ont été amputés, d’autres étaient entiers, mais aucun n’a été manipulé directement à bord de l’ISS. Les planaires amputés ont été sectionnés en trois morceaux et l’un des thorax a recréé deux têtes.

Mais la surprise ne s’arrête pas là. A son retour sur Terre, ce même planaire a lui aussi donné naissance à deux planaires à deux têtes. La bicéphalie s’est reproduite jusqu’à la troisième amputation.

Schéma de régénération des planaires © Meritnation

Schéma de régénération des planaires © Meritnation

Une capacité de régénération incroyable

A la fin du 19ème siècle, le généticien américain Thomas Hunt Morgan, qui reste à ce jour l’un des grands spécialistes en la matière, effectue des expériences sur cette drôle d’espèce. Il remarque que l’un des planaires observées a pu régénérer en quelques jours la totalité de son corps à partir d’une infime partie de celui-ci. Le fragment représentait 1/279ème de la taille initiale de l’animal !

Ces mini-vers, qui mesurent en moyenne 1cm, peuvent donc être coupés en deux morceaux et créer deux vers distincts qui pourraient à leur tour se diviser et recréer d’autres vers. Cette espèce est aujourd’hui une cible de choix pour les chercheurs qui aimeraient un jour pouvoir doter l’être humain de ce superpouvoir en nous permettant de réparer ou régénérer nos cellules.

Processus de régénération des planaires © Morokuma J

Processus de régénération des planaires © Morokuma J

D’où vient cette deuxième tête ?

L’équipe en charge de l’expérience déclare avoir étudié 15 000 vers en près de cinq ans, et c’est la première fois qu’ils constatent ce phénomène. Mais pour l’heure, impossible de l’expliquer clairement. Dans l’espace, les êtres vivants sont soumis à de nombreux changements d’environnement. Le principal changement ressenti est le manque de gravité qui pourrait avoir un impact direct sur la structure même des cellules. Mais un séjour dans l’espace a également exposé ces vers à une radiation beaucoup plus élevée que sur Terre, où ils sont protégés par l’atmosphère, et à un champ magnétique plus faible qui perturbe le cytosquelette de l’animal.

Si le mystère demeure sur la cause exacte de cette malformation, une chose est sûre, les résultats de cette expérience vont nous donner encore plus de fil à retordre pour préparer de futures missions longues dans l’espace.

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