6 expériences scientifiques clés de la mission Proxima

Thomas Pesquet à bord de l'ISS © ESA/NASA

Au-delà des manœuvres de communication et de vulgarisation, Thomas Pesquet a contribué à faire progresser la science dans le cadre de la mission Proxima. Si ces expériences ont souvent pour objectif de faire évoluer la recherche spatiale, elles trouvent aussi pour la plupart une application directe sur Terre.

Au cours de ses journées très chargées à bord de l’ISS, Thomas Pesquet aura effectué plus d’une centaine d’expériences scientifiques dans le cadre de la mission Proxima. 62 pour l’ESA, le CNES et le CADMOS et le reste pour le compte d’autres agences spatiales. Parmi elles, en voici 6 proposées par le CNES, l’agence spatiale française.

Matiss : à la recherche de nouvelles surfaces intelligentes

Mission Matiss Proxima © ESA

Mission Matiss Proxima © ESA

Thomas Pesquet n’a pas trainé avant de commencer à travailler puisqu’il a débuté la mission Matiss dès le jour de son arrivée à bord de la station. Cette expérience vise à tester de nouvelles surfaces antibactériennes dites « intelligentes » en situation de micropesanteur qui réagissent à l’approche de bactéries en les empêchant de se poser, de proliférer et de créer des biofilms qui les protègent lorsque celles-ci se trouvent dans un milieu hostile. Si cette expérience a une application directe puisqu’elle permet aux astronautes de simplifier les opérations de décontamination, elle servira également à déterminer les matériaux à utiliser dans la conception de futurs vaisseaux spatiaux. Enfin, Matiss trouvera également des applications sur Terre, notamment dans la conception d’objets très exposés aux bactéries, les poignées de porte par exemple.

 

Echo : l’échographie pilotée à distance

Mission Echo Proxima © ESA

Mission Echo Proxima © ESA

C’est l’une des missions les plus utiles qu’aura mené Thomas Pesquet à bord de la station. L’expérience Echo a consisté à utiliser un échographe piloté directement depuis la Terre. Le but ? Permettre à des populations isolées d’accéder aux soins. L’astronaute, qui joue le rôle de l’assistant, peut, grâce à ses quelques connaissances en anatomie, placer la sonde sur la partie du corps à observer puis suivre l’échographie sur un écran. Si Thomas Pesquet est rentré sur Terre, l’appareil restera quant-à-lui à bord de l’ISS pour de futures expérimentations.

 

Everywear : la santé connectée

Mission Everywear Proxima © ESA

Mission Everywear Proxima © ESA

Développée par le MEDES, le système Everywear utilise les nouvelles technologies, les tablettes notamment, pour automatiser une partie de la collecte de physiologiques et permettre à Thomas de gagner du temps. Par exemple, avant les repas, l’astronaute scanne les produits qu’il s’apprête à consommer et le suivi nutritionnel s’effectue automatiquement. Toujours dans le cadre de cette mission, Thomas portait un t-shirt intelligent lors de ses sessions d’exercice. Les capteurs intégrés permettent de suivre le rythme cardiaque et ces informations sont envoyées en temps réel à l’équipe médicale au sol qui peut suivre la santé de Thomas en direct. Cette expérience est particulièrement utile pour les futures missions de longue durée.

Aquapad : le système de contrôle de qualité de l’eau

Mission Aquapad Proxima © ESA

Mission Aquapad Proxima © ESA

La totalité de l’eau utilisée à bord de la station (pour boire, manger et se laver) est recyclée. Le principe d’Aquapad est simple : Thomas Pesquet prélève 1mL d’eau avec un coton avant d’utiliser l’application EyeWear pour en vérifier sa potabilité. Un domaine de recherche d’autant plus vital que l’accès à l’eau et la lutte contre son gaspillage vont devenir une réelle priorité pour l’Homme.

 

 

 

Perspectives : la réalité virtuelle au profit de la neuroscience

Mission Perspectives Proxima © ESA

Mission Perspectives Proxima © ESA

La micropesanteur peut avoir des conséquences psychologiques sur le corps humain. Pendant ses six mois à bord de la station, le cerveau de Thomas Pesquet a dû s’adapter et effectuer des réglages pour compenser la perte de repères spatio-temporels. Comme la mission Everywear, Perspectives a pour but d’utiliser les nouvelles technologies au profit de la recherche médicale. Pour étudier ces changements, l’astronaute français a porté un casque de réalité virtuelle Oculus. L’objectif a été de simuler des environnements virtuels pour contrôler les stimuli envoyés à l’astronaute mais aussi d’analyser la perception du temps en situation de microgravité.

Fluidics : la dynamique des fluides

Mission Fluidics Proxima © ESA

Mission Fluidics Proxima © ESA

Comme son nom l’indique, la mission Fluidics a pour but d’étudier le comportement des fluides en situation d’apesanteur. Concrètement, cette expérience se présente sous la forme d’un boitier contenant une mini-centrifugeuse à l’intérieur de laquelle Thomas a disposé trois sphères de liquides.

Fluidics présente deux objectifs principaux :

  • étudier la mécanique des fluides à l’intérieur des satellites pendant leurs manœuvres et optimiser ainsi leur temps de disponibilité en optimisant la gestion de leur carburant. Car lorsqu’un satellite change de trajectoire, ses ergols (carburants) se déplacent aussi, ce qui peut avoir un impact sur sa trajectoire.
  • étudier les turbulences d’ondes, cela est particulièrement utile dans la compréhension de certains phénomènes météorologiques (comme la formation de la houle) et aidera à utiliser la marée comme source d’énergie
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