La sonde Juno à la conquête des mystères de Jupiter

Arrivée dans le système jovien l’été dernier, la sonde Juno enchaîne les orbites autour de Jupiter et nous livre des premiers clichés magnifiques. Mais cette mission, l’une des plus audacieuses de la NASA, suffira-t-elle à lever tous les mystères qui planent sur cette planète ?

Les quatre premières planètes de notre Système Solaire, dîtes telluriques, sont solides et essentiellement faites de roches : Mercure, Vénus, Terre, Mars. Puis viennent quatre autres planètes, les géantes gazeuses : Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Les deux familles de planètes sont séparées par une ceinture d’astéroïdes. Jupiter est donc la géante gazeuse la plus proche de nous. Et l’intérêt pour ce type de planète, géante et gazeuse, s’est récemment accentué suite à la découverte de milliers d’exoplanètes au profil similaire.

De part sa taille et sa constitution, faite essentiellement d’hydrogène et d’hélium, Jupiter ressemble plus à une petite étoile qu’à une planète. Sa force gravitationnelle colossale en fait un aspirateur à astéroïdes et comètes. Le système jovien est très complexe : il compte 67 satellites et 3 anneaux très fins, formés par des morceaux de roches eux aussi attirés dans la planète géante. Autre preuve de son effet « aspirateur », en 1994 la comète Shoemaker-Levy 9 passe à proximité de Jupiter avant d’être attirée par sa force gravitationnelle et de bombarder la surface de l’astre.

Jupiter, une planète mystérieuse

Les raisons d’explorer cette planète mystérieuse ne manquent pas. Pour l’heure, de nombreuses questions restent en suspend quant-à la composition précise de son atmosphère et de l’existante, ou non d’un noyau dur. A l’heure actuelle, impossible de savoir ce qui compose le cœur de cet astre. Étant donné la température extrême (20 000 degrés), il est encore difficile de connaitre l’état de la matière à cet endroit précis. Mais il est fort probable que le noyau soit composé d’éléments lourds, comme du fer par exemple.

L’atmosphère de la planète est également recouverte de tâches, rouges ou blanches. Des tourbillons dont les vents pourraient souffler à plusieurs kilomètres par seconde. La plus grandes des tâches, dont la taille dépasse celle de la Terre, suscite la curiosité des scientifiques par sa stabilité. Cette tempête tournerait depuis au moins un siècle, à plus ou moins la même longitude. Autre mystère : pourquoi ces tempêtes semblent-elles ne pas vouloir s’arrêter ? Est-ce l’absence apparente de reliefs ?

D’après certaines hypothèses basées sur la composition de son atmosphère et sur sa vitesse de rotation très élevée, Jupiter se serait formée très loin de l’emplacement où elle gravite aujourd’hui. A l’époque, la matière qui la compose aurait pris essentiellement la forme de glace. Ce point intéresse tout particulièrement les scientifiques car l’analyse de son atmosphère permettrait d’en savoir plus sur son origine et par conséquent, sur la création du système solaire.

La mission Juno livre ses premières photos

Pour tenter de répondre à toutes ces questions, la NASA a lancé la mission Juno. Comme nous l’expliquions il y a quelques mois, la sonde est actuellement en orbite autour de Jupiter et effectue plusieurs rapprochements, à 100 000km de la surface tout de même, Juno vient de survoler le pôle sud de Jupiter, une zone totalement inconnue puisque les seuls clichés dont nous disposions jusqu’à maintenant ne montraient la planète que de profil. La première chose qui saute aux yeux est le nombre élevé de nouvelles dépressions, ces formes rondes aux tailles variées.

Une mission humaine sur Jupiter n’est pas pour tout de suite et serait purement et simplement suicidaire. Outre le fait que les vaisseaux ne pourraient probablement pas de poser sur l’astre, la pression est telle, que les astronautes se retrouveraient compressés au moment d’entrer dans les nuages. Sans compter le rayonnement électromagnétique qui leur serait instantanément fatal.

Mais le meilleur de la mission est à venir. En 2018, la sonde terminera son périple en apothéose puisqu’elle tombera alors sur la géante gazeuse. Elle prendra au passage des photos de sa descente et les données récoltées devraient permettre d’en savoir un peu plus sur la composition et la structure de l’atmosphère de la planète.

La perle de Jupiter et ses nuages laiteux © NASA

La perle de Jupiter et ses nuages laiteux © NASA

Cet article vous a plu ? Partagez-le 😉

    2 Commentaires

    1. Pingback: Le grand plongeon de Cassini dans les anneaux de Saturne -

    2. Pingback: 2 nouvelles lunes pour Jupiter qui en compte désormais 69 -

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *