A-t-on vraiment découvert la 9ème planète du Système Solaire ?

C’est LA nouvelle qui a agité les médias et la communauté scientifique le mois dernier : la 9ème planète de notre système solaire aurait été découverte ! Même si pour le moment nous ne pouvons pas vraiment parler de découverte, les scientifiques ne pouvant aujourd’hui que déduire sa présence par de savants calculs mathématiques, la présence d’une autre planète aux confins du système solaire est de plus en plus crédible. Alors a-t-on vraiment découvert le successeur de Pluton ?

A quoi ressemblerait Planet 9 ?

Elle fait beaucoup parler d’elle et pourtant, nous ne savons pas grand chose à son sujet. La « 9ème planète » serait située loin, très loin. On pense aujourd’hui qu’elle serait 7 à 20 fois plus éloignée que Neptune qui est elle située à environ 4,5 milliards de kilomètres du Soleil, alors imaginez un peu…

D’un point de vue de sa consistance, les scientifiques Konstantin Batygin et Mike Brown de Caltech (Californie) à l’origine de l’hypothèse l’imaginent plutôt gazeuse que rocheuse. La raison ? Cette planète aurait une masse 10 fois supérieure à celle de la Terre mais avec un diamètre quatre fois plus important. C’est trop pour la communauté scientifique qui estime qu’une planète rocheuse peut avoir un diamètre maximal d’environ deux diamètres terrestres. Encore une fois, il ne s’agit que d’une hypothèse mais quoiqu’il en soit, une planète située à une telle distance du Soleil ressemblerait certainement à un monde gelé.

Mais que fait cette planète à une telle distance ? Selon Francis Rocard, planétologue au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales), la 9ème planète aurait été expulsée vers l’extérieur de notre système solaire au cours d’une partie de billard cosmique. Au moment de la création des planètes, certains corps se regroupent, d’autres se font éjecter.

9ème planète © NASA

9ème planète © NASA

Pourquoi ne l’a-t-on pas découverte plus tôt ?

Si nous sommes aujourd’hui capables de découvrir des centaines d’exoplanètes qui, par définition, sont situées en dehors de notre système solaire, comment se fait-il que mettons autant de temps à découvrir des planètes plus proches de nous ?

La première raison, c’est que les planètes ne produisent pas de lumière visible, à l’œil nu nous ne pouvons les voir que parce qu’elles reflètent la lumière émise par les étoiles. Les exoplanètes sont pour la plupart découvertes grâce à la méthode dite du transit : lorsqu’une planète passe entre son étoile et nous, la lumière qui nous provient de l’étoile diminue légèrement car elle est cachée un court instant. C’est à ce moment précis que nous pouvons détecter la présence de la planète.

Mais dans le système solaire, les planètes en question sont dans notre dos, il est donc très complexe de les observer étant donné la distance qui nous sépare de ces astres. Certains télescopes au sol seraient assez puissants pour pouvoir l’observer, à condition de savoir où chercher…

AstroNova le blog de l'astronomie et de l'espace - 9ème planète © Caltech / R. Hurt (IPAC)

Orbite de la 9ème planète © Caltech / R. Hurt (IPAC)

La 9ème planète ne serait pas seule

Peu de temps après l’annonce de Batygin et Brown, des scientifiques anglais ont publié une étude dans la Monthly Notice of the Royal Astronomical Society Letters qui raconte qu’il n’y aurait pas une, mais deux planètes à trouver. « Nous ne sommes pas certains de leur nombre exact car nous disposons de peu de données à l’heure actuelle, mais nos calculs indiquent qu’il y aurait au moins deux planètes, et probablement plus dans les confins de notre Système Solaire » déclare le professeur Carlos de la Fuente Marcos de l’Université Complutense de Madrid.

Début février, la scientifique Ann-Marie Madigan de l’Université de Berkeley émet une nouvelle hypothèse : la 9ème planète n’existerait en fait pas. « Ce que l’on sait, c’est qu’il nous manque une certaine masse dans notre système solaire qui a un impact sur l’orbite des planètes et des astéroïdes que nous connaissons. Cela peut s’expliquer par l’existence d’une seule planète, mais aussi par la présence d’une multitude de corps plus petits qui gravitent entre eux. » explique-t-elle.

Sur les traces de Pluton, star déchue…

Les icebergs de Pluton © NASA

Les icebergs de Pluton © NASA

Pendant des dizaines d’années, la 9ème planète du système solaire, c’était Pluton. Découverte en 1930, cette dernière a été reléguée en 2006 au rang de planète naine par l’UAI (Union Astronomique Internationale). Mais au fait, qu’est-ce qu’une planète ? Pour être considéré comme tel, le corps céleste doit :

  • être en orbite autour du Soleil
  • avoir une masse suffisante pour parvenir à un équilibre hydrostatique (et donc avoir une forme ronde)
  • avoir nettoyé le voisinage de son orbite

Dans le cas de Pluton, c’est justement le troisième point qui a posé problème. La célèbre planète naine navigue quelque part au milieu de la Ceinture de Kuiper, un gigantesque groupe d’astéroïdes situé au-delà de Neptune. Sur son orbite, on y trouve donc des astéroïdes bien sûr mais aussi des comètes, ces blocs de poussières et de glaces qui se promènent parfois jusque vers notre Terre et finir leur course calcinées par le Soleil.

A l’heure actuelle, notre système solaire compte 8 planètes (Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) et leurs 174 satellites naturels (ex: Lune, Phobos, Titan etc.), 5 planètes naines (Cérès, Eris, Makémaké, Pluton et Hauméa) et des milliers d’astéroïdes. Mais notre système solaire est immense et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Grosses planètes ou petits astéroïdes ? Quoiqu’il en soit, la grande chasse à la neuvième planète est bel et bien ouverte.

 

 

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    3 Commentaires

    1. Pingback: Pourquoi "2015 RR245" n'est pas encore la 6ème planète naine de notre système solaire ? -

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    3. FERRY Guy

      Les Sumériens et leurs tablettes d’argile nous indiquent que cette planète géante croiserait notre ciel (entre Mars et Jupiter) tous les 3600 ans environ et qu’elle serait à l’origine de l’orbite actuelle de notre Terre après que cette dernière eut été « décapitée » par un de ses satellites. Elle serait également à l’origine du dernier grand déluge terrestre (celui de Noé) pour avoir fait glisser la glace de l’Antarctique dans l’océan, entraînant un immense raz-de marée à l’échelle de la planète…(cf. SITCHIN Zecharia).

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