Vivre sur Mars : mythe ou réalité ?

Le 28 septembre dernier, la NASA faisait part d’une découverte majeure sur Mars : de l’eau liquide coulerait à la surface de la planète rouge. Cette annonce relance les hypothèses les plus folles quant-à une éventuelle colonisation de Mars. Si les défis à relever pour y parvenir sont immenses, Mars est plus que jamais au cœur des débats scientifiques.

Mars, une planète hostile

Sur Mars, l’air n’est pas respirable et il y fait extrêmement froid : guère plus de zéro pour les plus belles journées d’été à l’équateur et jusqu’à -128°C à l’ombre ! Le sol est sec, glacé et poussiéreux. Chaque déplacement doit se faire en scaphandre et étant donné le confort des combinaisons actuelles, il y a encore des progrès à faire avant de pouvoir effectuer des mouvements souples et rapides.

Une fois que les scientifiques auront réglé ce soucis vestimentaire, une autre question de taille va se présenter à eux : comment loger les hommes sur place ? Parce que se promener à la surface c’est bien, mais il va bien falloir leur trouver un endroit oxygéné et pressurisé où vivre. De la startup française Fabulous aux équipes de la NASA, de nombreuses sociétés ont nombreux à commencer à plancher sur le sujet et à réfléchir à des formes d’habitation aussi folles les unes que les autres, mais à quel coût ?

AstroNova le Blog de l'astronomie et de l'espace - Projet d'habitat sur Mars © LavaHive / NASA

Projet d’habitat sur Mars © LavaHive / NASA

La terraformation : rendre Mars plus terrienne

L’autre problème majeur avec Mars, c’est son atmosphère. En effet, celle-ci est beaucoup plus fine que celle de la Terre et laisse ainsi passer plus d’UV, ce qui représente un risque pour nos muscles et nos os. A l’heure actuelle, lorsque des astronautes rentrent de séjours prolongés dans l’espace, de longs mois de rééducation sont nécessaires avant qu’ils ne retrouvent toutes leurs capacités physiques.

On l’a vu, Mars est dépourvue d’oxygène. Pour palier ce phénomène, des scientifiques envisagent d’introduire des tonnes de cyanobactéries sur Mars pour convertir les molécules de CO2 en dioxygène et rendre ainsi la planète respirable. Petit à petit, la surface de Mars passerait du rouge au vert : les premiers organismes pourraient apparaitre et des plantes commencer à pousser et à recouvrir la planète. D’autres, comme Elon Musk, PDG de SpaceX, font moins dans la dentelle et proposent de bombarder la surface de Mars à coup de bombes atomiques pour fondre les glaces et tenter de fertiliser le sol. Pas sûr que l’on retienne cette option.

AstroNova le Blog de l'astronomie et de l'espace - Terraformation de Mars - © Astrosurf

Terraformation de Mars © Astrosurf

Seul au monde

Avec les technologies actuelles, il faudrait 6 mois pour parcourir les 500 millions de kilomètres qui nous séparent de Mars. A une telle distance, les êtres humains qui feront le déplacement risquent de vite se sentir seuls au monde, ce qui n’est pas totalement faux. Plus les missions scientifiques travaillent sur des missions martiennes et plus le facteur psychologique semble apparaitre comme la grosse inconnue. Car vivre isolé aussi loin de la Terre peut être extrêmement troublant pour certaines personnes. Et à vrai dire, le plus dur ne serait pas de vivre éloigné, mais de côtoyer les mêmes personnes tous les jours pendant des années et dans un espace très confiné ! Pour analyser les comportements psychologiques dans ce type d’environnement, l’agence spatiale russe Roscosmos a mis au point en 2011 le programme Mars500 qui a consisté à isoler six astronautes dans quelques mètres carrés et en conditions réelles pendant 520 jours.

Comment être autonome en énergie et en nourriture ?

Pour survivre aussi longtemps loin de notre planète, nous allons devoir être capables de créer notre propre nourriture sur place car cela ne servira à rien d’attendre un cargo de ravitaillement comme celà est le cas pour l’ISS (Station Spatiale Internationale). A l’heure actuelle, les cultures hydroponiques sous serre semblent être la meilleure solution pour produire des fruits et légumes sur Mars. Certains aliments tels que des tomates ou des carottes pourraient sans problème être cultivés avec un taux d’ensoleillement si faible. Une fois installés, les colons de ce nouveau monde feraient face à un autre problème : les déchets. Et oui, se débarrasser de ses poubelles sur Mars est bien moins facile que d’aller vider un sac au coin de la rue. Ici, difficile de recycler et même d’enfouir des déchets organiques dans le sol car l’érosion y est quasi inexistante par manque d’oxygène. L’autre solution serait d’envoyer les déchets dans l’espace en direction du Soleil par exemple, mais à plus de 15 000 euros par kg de déchets, cette solution risque de ne pas faire du bien au budget des agences spatiales.

Au niveau de l’énergie, il y a là encore une interrogation. Les panneaux solaires semblent être aujourd’hui l’une des seules solutions envisageables pour alimenter l’ensemble des appareils. Mais pour permettre aux colons d’être dépendants, il va falloir créer des surfaces de panneaux très importantes et trouver un moyen de faire face à l’obsolescence rapide de ce type de technologie.

Face à tant de défis à surmonter, la route vers la Conquête de Mars est encore longue, mais la science avance et nul doute qu’un jour nous migrerons vers cette cousine de la Terre. Mais avant de faire des plans sur la comète et d’imaginer une colonie humaine sur la planète rouge, une première étape historique reste à accomplir : envoyer l’Homme sur Mars.

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